Samedi 21 et dimanche 22 novembre 2026, au Centre des colloques du Campus Condorcet
place du Front Populaire 93300 Aubervilliers (métro Front Populaire – ligne 12 – sortie 2)
Ouverture des inscriptions
➤ Une participation libre est demandée (minimum conseillé de 15€ pour les 2 jours) pour les autres participantes et participants.
Possibilité de s’inscrire sur place !
Face à la multiplication des guerres, à la militarisation du monde, à l’affaiblissement du droit international et du rôle de la diplomatie pour prévenir ou mettre fin aux affrontements, les citoyennes et citoyens et les militantes et militants se sentent souvent privés des moyens de peser politiquement.
Or, dans un monde interconnecté, que la guerre nous paraisse éloignée ou soit perçue comme une vraie menace, nous sommes toutes et tous concernés.
Nombre de conflits sont anciens et semblent appelés à durer, d’autres émergent, dans un contexte extrêmement mouvant où l’ordre international né après la Seconde Guerre mondiale est concurrencé par des pratiques et des initiatives qui visent à le contourner voire à le détruire.
On constate en effet la multiplication de politiques prédatrices, coloniales ou impérialistes ; caractérisées par le recours sans limite à la force brutale, elles bafouent les droits humains, le droit international, le droit humanitaire tout comme le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et la plupart des principes démocratiques.
Ces pratiques sont souvent portées par des gouvernements et des idéologies d’extrême droite, rejoints par une partie des forces néolibérales. Elles contribuent à renforcer les extrêmes droites qui revendiquent la loi du plus fort comme loi naturelle, théorisent la guerre des identités et contestent l’État de droit.
Tout en rappelant les débats sur la guerre, la paix et le pacifisme qui ont traversé l’histoire de la LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains), nous proposons d’aborder ce vaste sujet à travers plusieurs angles qui ne sauraient être exhaustifs, mais visent à comprendre les phénomènes, à mieux saisir et à interroger un certain nombre de notions : il s’agit ainsi à la fois d’illustrer notre capacité d’action pour une paix juste et durable, de conforter notre capacité d’exercer notre solidarité avec celles et ceux qui font face à une violence souvent désinhibée, et de contribuer à notre bataille de défense de l’État de droit face à la loi du plus fort.
Programme prévisionnel
Samedi 21 novembre
9h30
Ouverture
Introduction : guerre et paix dans l’histoire de la LDH
Intervenant : Emmanuel Naquet, coresponsable du groupe de travail « Droits et libertés dans le monde » de la LDH
10h-12h
Table ronde – Guerre et paix aujourd’hui : éclairages croisés
– Comment définir la guerre ? Que dit le droit ?
– Quels sont les grands facteurs qui produisent les guerres aujourd’hui et remettent en cause la primauté du droit et l’ordre mondial bâti depuis la Seconde Guerre mondiale ?
– La guerre et la paix sont-elles une affaire d’hommes ?
Animation : Gérard Aschieri, rédacteur en chef de la revue Droits & libertés
Intervenant-e-s : Julie Tenenbaum, conseillère juridique régionale du Comité international de la Croix Rouge (CICR)
Bertrand Badie, professeur émérite à l’Institut d’études politiques (IEP)
et Valérie Pouzol, maîtressse de conférences en histoire, département d’études de genre, université de Paris 8. Chercheure titulaire au CRESPPA UMR7217, responsable du groupe de travail « Genre et études de paix », Institut pour la Paix ( IPP)
13H30 – 15h
Table ronde – Paix à tout prix ou exigence de justice ?
Le pacifisme sans exigence de justice a-t-il un sens ? Que faire face à l’agression, à l’oppression ou au colonialisme ? Que signifie une paix juste et durable ? À quelles conditions peut-elle exister ? Quels ont été les débats autour du pacifisme dans la LDH ?
Animation : Emmanuel Naquet, coresponsable du groupe de travail « Droits et libertés dans le monde » de la LDH
Intervenant-e-s : Mouloud Boumghar, professeur de droit public à l’université d’Amiens
Julie Saada, professeure des universités à Sciences Po
et Gilles Manceron, coresponsable du groupe de travail « Mémoires, histoire, archives » de la LDH
15h15-16h45
Table ronde – Qu’est-ce que la guerre fait aux sociétés civiles et qu’est-ce que les sociétés civiles font de la guerre ?
À partir de trois exemples :
– Ukraine
– Israël/Palestine
– Algérie
Animation : Fabienne Messica, coresponsable du groupe de travail « Discriminations, racisme, antisémitisme » de la LDH
Intervenant-e-s : Hamdi Shaqqura, directeur du Palestinian Centre for Human Rights (PCHR) – Gaza
Sylvaine Bulle, professeure sociologie Paris cité
et Kader A. Abderrahim, maître de conférences à Sciences Po, professeur invité à l’université Mohamed VI polytechnique de Rabat
17h – 18h15
Ateliers – Quelles solidarités internationales face à la guerre ? Quelles solidarités pour la paix ?
Quatre ateliers s’appuyant sur l’expérience de sections de la LDH
- Ukraine
- Palestine
- Iran
- Initiation au droit d’asile
Et deux ateliers sur les pratiques militantes.
18h30 – 20h30
Interpellation des politiques – Conflits, politique de défense et cohésion sociale
20h30
Pot convivial
Dimanche 22 novembre
9h – 11h
Table ronde – Qu’est-ce que le droit international ? Que peut le droit ?
Droit international, droit international humanitaire, justice pénale internationale, crimes de guerre… Quels concepts ? Quelle efficacité dans un monde où la force semble primer sur le droit et les instances internationales dépassées ?
Animation : Sophie Giroud, membre du Bureau national de la LDH et vice-présidente de la FIDH
Intervenant-e-s : Julia Grignon, professeure associée à Paris-Panthéon-Assas, présidente de la sous-commission droit international humanitaire et action humanitaire à la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH)
Patrick Baudouin, président d’honneur de la LDH et de la FIDH
et Chloé Maurel, docteure en histoire, spécialiste de l’ONU, chercheuse associée à l’Institut des hautes études internationales et du développement (IHEID)
11h15 – 12h45
Table ronde – Guerre, information et technologies : quelles menaces pour les droits ? Quel contrôle citoyen ?
Face à l’opacité des décisions, aux tentations autoritaires, à la militarisation de la jeunesse, à la mobilisation de l’éthique pour justifier la guerre : comment défendre les droits et préserver la démocratie ?
Sous pression, entre information et propagande, quel rôle pour les médias ?
Face à l’usage des technologies dans la guerre (drones, intelligence artificielle…), quels contrôles démocratiques ?
Animation : Pierre-Antoine Cazau, membre du secrétariat général de la LDH
Intervenant-e-s : Laurence De Cock, professeure agrégée en lycée à Paris, chercheuse et militante pédagogique
Susan Perry, professeure à l’American University of Paris
Valentine Oberti, journaliste et co-directrice de la rédaction de Mediapart
14h15 – 15h15
Les jeunes face à la guerre
Témoignages et discussion
Animation : Joëlle Bordet, coresponsable du groupe de travail « Laïcité » de la LDH, et Catherine Choquet, coprésidente de la fédération LDH 93 et membre du comité de rédaction de Droits & Libertés
Intervenant-e-s : Olivier Douville, chercheur psychanalyste anthropologue
Laurent Garreau, chercheur associé au DICEN-IDF, coprésident de l’association Nouvelles Images Persanes et co-commissaire de l’exposition
« La révolution Femme, vie, liberté »
et Ekaterina Mamontova, coréalisatrice du documentaire Politsek
15h15 – 16h45
Table ronde – Agir pour la justice et la paix
Quel rôle de la société civile ? Comment agir pour la paix et contre la course aux armements ? Quels leviers nationaux et internationaux ? Quelles alternatives ?
Animation : Maryse Artiguelong, coresponsable du groupe de travail « Libertés et technologies de l’information et de la communication » de la LDH
Intervenant-e-s : Erasmo Palazzotto, membre du Bureau International d’ARCI (Italie)
Patrice Bouveret, cofondateur et directeur de l’Observatoire des armement, coporte-parole de Ican France
Marylène Cahouet, professeure de lettres à la retraite secrétaire nationale de la Fédération nationale des retraités de la fonction publique (FGR-FP), membre du collectif des retraités de la FSU et Snes-FSU
et Mariana Sanchez, coporte-parole du Comité français du RESU (Réseau européen de solidarité avec l’Ukraine)
16h45 – 17h
Conclusion
Nathalie Tehio, présidente de la LDH
Description des intervenant-e-s
Julie Tenenbaum est conseillère juridique régionale pour l’Europe pour le Comité international de la Croix rouge (CICR). Elle a étudié le droit en France, Belgique et Angleterre où elle est devenue avocate. Elle a pratiqué le droit en Angleterre, notamment dans le domaine de l’immigration et l’asile. Elle a ensuite rejoint le CICR, d’abord en tant
que déléguée protection au Sri Lanka pendant un an et ensuite comme conseillère juridique régionale pendant quatre ans, en Afrique de Sud puis en Afrique de l’Ouest. A ce titre, elle a conseillé des autorités nationales de ces régions sur des questions de droit international humanitaire (DIH) et plus particulièrement sur sa mise en oeuvre au niveau national. Depuis fin 2014, elle est conseillère juridique régionale pour l’Europe, basée à Paris, et, à ce titre, dirige une équipe qui travaille sur les questions de DIH d’intérêt pour le CICR et les Etats de la région.
Présentation de l’intervention
Panel sur guerre et paix
« Comment définir la guerre ? Que dit le droit ? »
Le CICR dénombre actuellement plus de 130 conflits armés dans le monde, deux fois plus qu’il y a quinze ans. Actuellement, de nombreux conflits armés retiennent l’attention – à tel point qu’il est difficile de croire qu’il en existe encore bien d’autres dont on n’entend pas ou peu parler, comme ceux au Soudan, en Éthiopie, au Myanmar, en RDC, au Liban et au Yémen. Même si ces conflits ont pour point commun leur complexité et leurs conséquences humanitaires effroyables, notamment pour les populations civiles, ils ont des caractéristiques différentes. Ce qui nous amène à nous demander… comment définit-on un conflit armé, ou une guerre ? Le dictionnaire Larousse définit la guerre comme la « lutte armée entre États » et précise « La guerre entraîne l’application de règles particulières dans l’ensemble des rapports mutuels entre États ; elle commence par une
déclaration de guerre ou un ultimatum et se termine par un armistice et, en principe, par un traité de paix qui met fin à l’état de guerre. »
La réalité des conflits armés contemporains est bien plus complexe que la définition du Larousse et les définitions juridiques s’en distinguent aussi.
En droit international public, quand on parle de guerre, on distingue deux types de règles : le droit à la guerre (jus ad bellum) et le droit dans la guerre (jus in bello). Le premier est basé sur la Charte des Nations unies et son interdiction fondamentale de l’emploi de la force entre Etats, et le second, ancré dans les Conventions de Genève, leurs Protocoles Additionnels et le droit coutumier, établit des règles applicables aux conflits armés.
Cette présentation examinera les règles fondamentales du jus ad bellum en s’appuyant sur les articles de la Charte des Nations unies. L’article 2(4) interdit aux membres de l’ONU – donc aux Etats – dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations unies. Il existe toutefois des exceptions liées à la légitime défense et aux interventions décidées par le Conseil de sécurité que nous examinerons succinctement.
La présentation examinera plus en détails le droit international humanitaire qui s’applique dans les situations définies comme conflits armés. Sur les 130 conflits que le CICR dénombre dans le monde, seule une minorité d’entre eux répondent à la définition du Larousse.
Les Conventions de Genève ne définissent que succinctement les deux grands types de « guerres », les conflits armés internationaux et non-internationaux et la présentation permettra de considérer ces définitions et leur interprétation. Elle permettra aussi de dire quelques mots des règles fondamentales du DIH qui s’appliquent à tous les types de conflits armés et en limitent les effets.
Dernière publication :
Comment le terme « conflit armé » est-il défini en DIH | CICR, publication du CICR, 2024
